[Test] Nier ou la découverte d’un jeu maudit

[Test] Nier ou la découverte d’un jeu maudit

Nier, jeu sorti en 2010 fait parti de ce que j’appelle les « jeux maudits ». Mal reçu par la critique à sa sortie et par une partie des joueurs, il a su gagner au fil des années des lettres de noblesses, créant un véritable engouement parmi une communauté de joueur. Cet enthousiasme est d’autant plus fort depuis l’annonce par Square Enix d’une « suite », en tout cas d’un autre jeu se déroulant dans le même univers, Nier Automata. C’est donc plein de curiosité et d’envie que je me suis lancé dans l’aventure Nier.

Je précise tout d’abord que le jeu Nier existe dans deux versions, Gestalt et Replicant. La différence entre les deux réside dans le héros, un père de famille dans l’une, un frère dans l’autre. Je ne suis pas sur que le scénario rencontre de modifications majeures entre les deux versions. Toujours est-il qu’en Europe nous n’avons eu droit qu’à la version Gestalt.

Pour accompagner la lecture de l’article voici l’OST du jeu qui vous plongera dans l’ambiance.

Nier se déroule dans un univers désolé, 1300 ans après notre ère. L’humanité a quasiment entièrement succombé à une étrange maladie à laquelle il ne semble pas y avoir de remède. Les quelques humains qui subsistent vivent désormais de façon moyenâgeuse en essayant tant bien que mal de se défendre contre de mystérieuses créatures, les Ombres. C’est dans ce contexte pas franchement des plus joyeux que notre héros va tout tenter pour sauver sa fille atteinte pas une étrange maladie, la nécrose runique, qui la tue à petit feu. Si le scénario peut sembler de prime abord relativement classique et sans surprise il n’en est rien et les retournements de situations seront légions tout comme les prises de décisions difficiles.

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incroyablement vide et une technique datée…

Je le disais dans l’introduction, Nier est un jeu mal aimé essentiellement pour sa partie technique. En effet le titre n’est pas vraiment beau, à vrai dire il fait régulièrement penser à un titre PS2 un peu vide qui aurait été porté sur PS3 auquel il faut rajouter des problèmes de caméra lors des combats au rythme assez intense. Dit comme ça cela ne donne pas vraiment envie et pourtant je vous invite fortement à dépasser cette première impression si vous avez l’occasion d’y jouer un jour. Car au delà de son enrobage assez brut, Nier délivre au joueur un brin persévérant une expérience d’une intensité assez rare dans laquelle l’émotion vient saisir les tripes du joueur par le biais d’une narration et d’une ambiance particulièrement réussie!

Et en terme d’ambiance il est capital de souligner la qualité extraordinaire de l’OST tout au long du jeu, avec des partitions chantées par Emi Evans dans une langue étrange qui vous font littéralement voyager. Composée en grande partie par Keiichi Okabe, chaque morceaux est un ravissement pour les oreilles et soulignera tantôt le coté épique de certaines batailles, tantôt le désespoir et la mélancolie des protagonistes dans ce monde désolé. Car oui, Nier est avant tout un jeu mélancolique. La tristesse et la peine sont les deux émotions principales transmise par les développeurs et force est de reconnaitre qu’ils y parviennent très bien.

Sans trop vous spolier sachez que le jeu vous entrainera dans une espèce de quête initiatique dans laquelle la perte, la douleur, le deuil et le sacrifice ont un place prépondérante. Mais là où les développeurs de Cavia ont réussi un tour de force avec la narration de Nier, c’est qu’elle n’en fait jamais trop, sait rester discrète et ne tombe pas dans un côté exagérément larmoyant. Cela permet de conférer au titre un côté intimiste et de préserver une belle pudeur sur les sentiments des personnages, ce qui personnellement m’a beaucoup touché.

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des boss gigantesques

En terme de gameplay Nier est un peu un jeu touche à tout qui mélange différents styles tout en parvenant à en faire un ensemble cohérent. La base du jeu fait un peu penser à un Zelda, avec un village central qui donne accès à différentes zones ouvertes, des sortes de plaines qui vous amènent à différents donjons. Les combats sont assez nerveux tout en restant simples, rappelant un peu le Beat Them All par moment tant les ennemis peuvent être nombreux. Vous pouvez utiliser des pouvoirs magiques pour vous aider dans les affrontements et l’esquive sera la clef de la réussite. En effet certains ennemis tirent des boules rouges en quantité astronomique et il faudra les éviter comme dans un Shoot Them Up! En plus de cela certaines phases de jeu sont de purs clins d’oeil à certains titres. On retrouvera ainsi un manoir avec des araignées dans lequel les angles de caméra sont précalculés (Resident Evil), des donjons entièrement vu de dessus dans une 3D isométrique à la façon des anciens Final Fantasy mais aussi un passage entièrement en aventure textuelle assez déroutant et pourtant très prenant. Ajoutez à cela des boss démesurés pour des affrontements mémorables et vous tenez là un grand jeu au rythme très bien maîtrisé.

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les fameuses boules rouges qui transforment le jeu en véritable Shmup

La dernière force de Nier réside dans sa fin, ou devrais-je dire ses fins. En effet lorsque vous terminez le jeu pour la première fois, tous les tenants et aboutissants du scénario ne sont alors pas dévoilés au joueur qui doit recommencer une partie. Si dans un premier temps j’avais peur que cela soit fastidieux, on se retrouve en fait face à l’un des meilleurs New Game + que j’ai jamais vu. Très bien pensé, il ne vous force pas à refaire l’intégralité du jeu puisque vous recommencez à la deuxième moitié du jeu en conservant tout votre équipement. Il vous permettra cependant de mieux connaitre les alliés du héros, en particulier la charmante Kainé tout en rajoutant des séquences narratives qui changent radicalement la vision de l’aventure donnant ainsi encore plus de profondeur à l’aventure. Les fins sont au nombre de 4 et sont toutes extrêmement poignantes.

Il m’est difficile d’arrêter le test ici car je pourrais encore écrire de nombreuses chose à propos de ce titre mais j’en arriverais fatalement à vous spolier. Or, Nier est un jeu qui gagne réellement à être découvert intégralement par le jouer afin de ne pas diminuer son implication émotionnelle et l’impact du jeu. Sur ce je vous laisse avec le trailer de Nier Automata qui devrait sortir en 2016 : 

Nier, jeu sorti en 2010 fait parti de ce que j’appelle les « jeux maudits ». Mal reçu par la critique à sa sortie et par une partie des joueurs, il a su gagner au fil des années des lettres de noblesses, créant un véritable engouement parmi une communauté de joueur. Cet enthousiasme est d’autant plus fort depuis l’annonce par Square Enix d’une « suite », en tout cas d’un autre jeu se déroulant dans le même univers, Nier Automata. C’est donc plein de curiosité et d’envie que je me suis lancé dans l’aventure Nier. Je précise tout d’abord que le jeu Nier existe…

Vue d'ensemble des tests

Graphisme / technique
Gameplay
Bande Son
Scénario
Direction artistique / Univers

Culte!

Résumé : Vous l’aurez compris, 5 ans après sa sortie Nier est incontestablement un grand jeu qui gagne à être connu et à être joué. Profond, touchant et disposant d’une atmosphère unique, il ne laisse pas indifférentes propose un voyage mélancolique comme j’en ai rarement rencontré. Je n’ai qu’une hâte, jouer à Nier Automata en espérant que l’essence de cet univers soit préservé.

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79

8 commentaires

  1. Plus grosse claque de la gen passée, pour ma part. Un coup de coeur gros comme un camion.

  2. Ce jeu est une merveille mais j’ai surtout accroché à Nier Replicant qui se veut encore plus étrange et glauque. Malheureusement à l’époque il n’était sorti qu au Japon et je ne l ai eu que grâce aux emulateurs. L ost de Nier figure parmi mes favorites. Je suis contente que le jeu t ai plu et bienvenu dans le cercle secret des fans de Nier o/

    • L’ost de Nier est vraiment incroyable ça faisait longtemps que des musiques de jeux vidéos ne m’avaient pas touché à ce point. Typiquement le genre d’OST que je peux écouter en écrivant un article ou autre.
      Quant à Nier Replicant beaucoup de choses changent? Hormis le héro qui devient le frère de Yonah?

  3. J’avais adorer les musique, je l’ai pas fini mais je compte bien le finir, in jeux exceptionnel au même niveau que deadly prémonition

    • Allez, file terminer ce jeu tout de suite :D
      Deadly Premonition aussi fait parti de ce que j’apelle les jeux maudits même si il à pour lui des défauts bien plus énormes que Nier. Entre des musiques hyper redondante, un problème de rythme global, une maniabilité que je n’avais pas vu depuis les mauvais jeu Dreamcast, etc…. Et pourtant j’étais allé au bout de l’aventure, captivé par cette ambiance très particulière et oppressante! Mais je ne sais pas si j’aurai la force d’y rejouer un jour ;)

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